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Voici les cours 3 et 4

L’obligation du Ramadhân
SHeikh Sâlih Ibn Fawzân Ibn ’Abdullâh al-Fawzân (hafidhahullâh)


Le jeûne du mois de Ramadhân est un des piliers parmi les piliers [Arkân] de l’Islâm, et il constitue une obligation [Fardh] parmi les obligations d’Allâh.
Cela est indiqué [pour ce qui est de son obligation] dans le Qor’ân, la Sounnah et le consensus [Idjmâ’] comme suit :

Allâh – Ta’âla – dit : « O les croyants ! On vous a prescrit as-Siyâm comme on l’a prescrit à ceux d’avant vous, ainsi atteindrez-vous la piété » [1]
Jusqu’à : « (Ces jours sont) le mois de Ramadan au cours duquel le Coran a été descendu comme guide pour les gens, et preuves claires de la bonne direction et du discernement. Donc quiconque d’entre vous est présent en ce mois, qu’il jeûne ! » [2]
Le sens de : « prescrit » [dans le verset] est « obligatoire » [Fardh]. Et la Parole : « Donc quiconque d’entre vous est présent en ce mois, qu’il jeûne ! » Est un ordre qui indique l’obligation.
Le Prophète (sallallahu ‘alayhi wa sallam) a dit :
« L’lslâm est bâti sur cinq piliers » Et dans ces piliers, il a indiqué le jeûne du Ramadhân. Les Ahâdîth [Traditions] qui indiquent son statut obligatoire ainsi que ses bienfaits son nombreux et réputés. Il y a un consensus des musulmans sur l’obligation de ce jeûne, et celui qui le nie fait preuve de mécréance.

La sagesse [Hikmah] qu’il y a dans le fait que le jeûne soit légiféré est que cela contribue à l’assainissement de l’âme ainsi qu’à sa purification des manières et des caractéristiques négatives. Car le jeûne limite l’influence de Chaytân sur la personne, sachant que Chaytân circule dans le corps de l’être humain comme circule son sang. Car quand la personne mange et boit, son âme penche de la sorte vers les plaisirs. Et cela l’affaiblit dans sa volonté de faire ses actes d’adoration. Alors que le jeûne va à l’encontre de cela.
Le jeûne incite au manque d’intérêt pour les désirs mondains et laisse place au rappel de l’au-delà. De même, [le jeûne] provoque la prise de conscience à l’égard du pauvre et de l’indigent, car [le jeûne] lui fait ressentir la faim et la soif. Dans la législation [Charî’ah], le jeûne signifie : l’intention de s’abstenir [Imsâk] de choses spécifiques telles que la nourriture, la boisson, les rapports intimes et d’autres choses que celles-là mentionnées dans la législation [Charî’ah]. Et cela va aussi dans l’abstention des mauvaises actions et des propos obscènes.

Le commencement obligatoire du jeûne

L'apparition de l'aube : Le commencement obligatoire du jeûne se fait au deuxième Adhân de la prière du Fajr aux deux extrémités de l’apparition de l’aurore, jusqu’au coucher du soleil [Adhân de la prière du Maghrib].
[...]
Et la signification de « Jusqu’à ce que se distingue, pour vous, le fil blanc de l’aube du fil noir de la nuit. » c’est que la lumière de l’aube est distincte de l’obscurité de la nuit.
Le commencement du mois : L’obligation du jeûne du Ramadhân commence une fois que l’on entre dans le mois. Il y a trois manières permettant d’établir le début du mois :

1) La première manière : apercevoir la lune [à l’œil nu]. Allâh – Ta’âla - dit : « Donc quiconque d’entre vous est présent en ce mois, qu’il jeûne ! » [5]
Et le prophète (sallallahu ‘alayhi wa sallam) a dit : « Jeûner dès que vous le voyez [le croissant lunaire]. » Ainsi, quiconque le voit, il devient obligatoire pour lui de jeûner.
2) La deuxième manière : Le témoignage de la vision [du croissant lunaire], ou le fait d’en être informé. Par conséquent, l’obligation du jeûne entre en vigueur si quelqu’un digne de confiance et responsable aperçoit le croissant lunaire, et son information suffit pour cela. Sur la base de la parole de Ibn ‘Oumar (radhiallâhu ‘anhu) : « Les gens scrutaient le ciel pour apercevoir la lune et j’ai informé le Messager d’Allah (sallallahu ‘alayhi wa sallam) que je l’avais vue. Dès lors, il s’est mis à jeûner et en a donné l’ordre aux gens. » Rapporté par Abû Dâwoud et autre que lui, et authentifié par Ibn Hibân et al-Hâkim.
3) La troisième manière : Finir les 30 jours du mois de Cha’bân. Cela se fait quand le croissant lunaire n’a pas été aperçu la 30ème nuit du mois de Cha’bân, en plus de la présence pour cela de ce qui empêche le croissant lunaire d’être aperçu, tel que les nuages ou quelque chose d’analogue. Certes, le prophète (sallallahu ‘alayhi wa sallam) a dit : « Le mois est certes de 30 jours, ne jeûnez pas avant d’avoir vu la nouvelle lune, et ne rompez pas le jeûne avant de l’avoir vu. S’il vous est caché faites une évaluation. » [6] Et le sens de « évaluation » veut dire, finir les trente jours du mois de Cha’bân, ce qui a été confirmé dans le hadîth de Abû Hurayrah (radhiallâhu ‘anhu) : « Et si vous n’arrivez pas à la voir, accomplissez le nombre de jours de Cha’bân, qui sont au nombre de trente. » [7]
Le jeûne du mois de Ramadhân est obligatoire pour tout musulman capable et responsable de ses actes.
[...]
Notes : [1] Coran, 2/183 [2] Coran, 2/185 [3] Coran, 2/187 [4] Coran, 2/187 [5] Coran, 2/185 [6] Rapporté par Muslim [7] Rapporté par al-Bukhârî
http://www.manhajulhaqq.com/spip.php?article410&var_recherche=ramadan

 

Les catégories de personnes face au jeûne

Cheikh Muhammad Ibn Sâlih Al-‘Uthaymîn

1- Le jeûne est une obligation pour tout musulman adulte, ayant atteint l’âge de la puberté, sain d’esprit, qui en est capable physiquement et résidant (non voyageur).

2- Le non-musulman n’est pas tenu de jeûner et il n’a pas à rattraper le jeûne s’il venait à se convertir.

3- L’enfant impubère n’est pas tenu de jeûner ; par contre, on peut l’inciter à le faire pour qu’il s’y habitue.

4- L’handicapé mental ne jeûne pas quelque soit son âge et ne doit pas faire manger un nécessiteux. Il rentre dans la même catégorie que la personne âgée sénile et la personne qui n’est pas saine d’esprit.

5- Celui qui est incapable de jeûner à cause de la vieillesse, ou d’une maladie incurable, celui-ci est tenu de faire manger un pauvre pour chaque jour de jeûne manqué.

6- Le malade dont on espère la guérison, ne jeûne pas si cela lui est pénible ; mais il compense après sa guérison par un même nombre de jours de jeûne.

7- La femme enceinte et la nourrice, si le jeûne leur est pénible à cause de la grossesse ou de l’allaitement, ou par crainte pour la santé de leur enfant, peuvent ne pas jeûner ; elles compensent alors les jours perdus une fois que le jeûne leur sera devenu plus facile et qu’elles ne craignent plus pour leur enfant.

8- Les femmes en période de menstrues ou post-natale n’ont pas à faire le jeûne et elles sont tenues de récupérer les jours manqués après leur période.

9- Celui qui est dans l’obligation de rompre le jeûne pour sauver quelqu’un de la noyade ou d’un incendie, qu’il le fasse ; il compensera ce jour par la suite.

10- Le voyageur a le choix entre jeûner ou non. Mais il est obligé de compenser les jours manqués, que le voyage soit occasionnel (ex : al-‘Umra) ou en permanence, comme les chauffeurs routiers, les chauffeurs de bus ou de taxis. Ceux-ci peuvent rompre leur jeûne, s’ils le désirent, tant qu’ils se trouvent dans un pays étranger.




Exceptions à la règle :

Il n’est pas considéré comme nul le jeûne de celui qui le rompt par oubli, par ignorance ou par contrainte selon la parole d’Allah - qu’Il soit honoré et glorifié (traductions approximatives du sens) :

« ...Seigneur, ne nous châtie pas s’il nous arrive d’oublier ou de commettre une erreur... » [La Vache, v. 286]
« ...Sauf celui qui y a été contraint alors que son coeur demeure plein de la sérénité de la foi... » [Les Abeilles, v. 106] ;
« ...Nul blâme sur vous pour ce que vous faites par erreur, mais (vous serez blâmés pour) ce que vos coeurs font délibérément… » [Les Coalisés, v. 5].



Si quelqu’un oublie et vient à manger ou à boire, son jeûne est correct car il a agi par oubli.
Et s’il vient à manger ou boire en croyant que le soleil est couché ou qu’il fait encore nuit, son jeûne est valable car il l’a fait par ignorance.
Et s’il se rince la bouche et qu’il avale de l’eau involontairement, son jeûne n’est pas interrompu car son acte n’est pas intentionnel.
Et s’il se lève le matin en état d’impureté rituelle (Janâba), son jeûne est correct car c’est contre sa volonté.



http://www.fatwas.online.fr/articles/siyam.htm